Marc Reinhardt, psychomotricien de pleine nature

L'interview

De sa passion, il en a fait son métier!

Marc Reinhardt, gérant de Nature en Mouvement, propose une vaste palette de services originaux et en pleine nature, dédiés au bien-être du corps et de l’esprit.

Pour les enfants, il propose des week-ends et des après-midis en pleine nature (avec d’autres enfants ou en famille), ainsi que des séances de psychomotricité en pleine nature pour surmonter des phobies ou des troubles divers.

Les adultes pourront trouver leur compte à travers des stages de survie, du coaching sport-santé ou des escapades en pleine nature pour de nouvelles sensations.

Il est psychomotricien et guide de pleine nature.

_ Marc, tu es passionné par le Népal. Quand je pense à ce pays, je pense à une nature pure et immaculée. Est-ce que c’est vraiment ainsi ?

_ Sûrement pas Katmandou, qui est devenue dans l’espace de quatre – cinq ans une ville très polluée. Mais dès que l’on sort des chemins et que l’on marche sur les sentiers, cela reste totalement préservé : vous avez de splendides cathédrales de neige qui émergent au-dessus de la jungle et c’est vraiment le lieu idéal pour avoir un contact direct avec la nature, pour se ressourcer, loger chez l’habitant et en prendre pleine la vue.

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_ Quand as-tu fait ton premier voyage ?

_ J’ai commencé en 1992 : j’avais 23 ans ! Ensuite, ces dix dernières années, j’y suis retourné tous les ans.

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_ Tu y vas seul ?

_ Parfois. Dans ce cas, j’amène des affaires pour les orphelinats, je vais chercher des colliers pour les vendre ici (et faire vivre une famille de népalais) et ensuite je vais faire du trail, c’est à dire courir et traverser des zones de trek en trois étapes par jour. Je fais également la même chose avec des groupes d’amis ou alors on va faire de l’alpinisme sur des sommets de 6000 mètres.

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_ Lors de tes voyages, quel a été le moment le plus dangereux ?

_ Il y a sept ans, au Népal, je suis tombé dans une embuscade. Je ne savais pas que l’endroit où je me trouvais était un ancien fief maoïste. Je marchais en marche rapide et j’ai cru entendre une explosion mais je venais de prendre sur la tête un coup de gourdin d’un mètre de long ! Ils étaient quatre cachés au-dessus de moi dans la végétation. Heureusement, ils n’ont pas réussi à me tuer du premier coup et ne m’ont pas non plus assommé, sinon après ils m’auraient sûrement décapité pour me voler mes affaires (surtout le réflex numérique). En une fraction de seconde je suis passé en mode « survie totale » : une hormone est lâchée dans le sang et on se sent dix fois plus fort et totalement désinhibé, prêt à en découdre. Mais il ne faut surtout pas chercher le combat, il faut fuir ! Je suis donc parti en courant avec mes 17 kg sur le dos que je ne sentais plus, et les quatre agresseurs sont restés figés là. Je suis allé au village, j’ai demandé à des français, croisés là par hasard, de prendre une photo de mon crâne pour voir à quoi cela ressemblait, puis suis parti avec eux jusqu’au poste de police situé plus haut à une heure de marche. Là-bas, j’ai fait la description d’un des assaillants. Je me suis ensuite rendu seul au dispensaire à côté (abandonné par mes compatriotes français au bout du monde… ils avaient visiblement peur !) où je me suis fait recoudre le cuir chevelu (à vif).

En descendant, j’ai rencontré le chef du village qui s’est dit désolé et au courant de tout « Nous sommes bouddhistes ! Quel déshonneur pour nous ! ». Toute la vallée s’est arrêtée de travailler pour commencer une chasse à l’homme et me livrer les coupables. Le soir, le chef du village m’a emmené deux jeunes, dont un que j’ai formellement reconnu et qui a dénoncé les deux adultes encore en fuite. Ils voulaient m’escorter vers Katmandou avec des militaires, mais je leur ai dit que cela n’était pas nécessaire.

Le même soir, quelqu’un m’a demandé de retourner au poste de police entre sept et huit heures le lendemain. Peu de temps après, une délégation du village m’a invité à ne pas y aller, en m’informant qu’ils voulaient m’assassiner pour de bon ! Ça, c’est pour le pays le plus beau et le plus bouddhiste du monde !

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_ Et le meilleur voyage ?

_ La meilleure aventure, voyons un peu… Il y en a plein ! J’ai toujours associé les voyages à des défis sportifs : gravir des sommets de 6 000 ou 7 000 mètres en solo et avec des températures extrêmes, des grands trails… J’avais réalisé le grand tour des Annapurnas en courant – en passant le col de Thorong – la 5480 m en cinq jours sans acclimatation. Il faut habituellement trois semaines à pieds.

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_ Je pense à l’altitude, au besoin de rejoindre le sommet : cela me fait penser aussi à tes cours de coaching sport – santé pendant lesquels tu insistes beaucoup sur la réussite de ses propres objectifs à travers la programmation mentale. Comment la PNL t’aide personnellement dans tes défis quotidiens et dans tes défis “exceptionnels” en haute montagne?

_ Je n’utilise pas souvent la PNL ou la sophrologie pour moi-même, car je suis en contact permanent avec la nature et tout se régule parfaitement. Je n’ai pas besoin d’utiliser des techniques mentales qu’on peut faire chez soi, mais c’est parfois utile de se remémorer des périodes de la vie dans lesquelles on avait bien réussi. J’enseigne donc ces techniques car je sais qu’il y a beaucoup de gens qui n’ont pas le loisir de sortir tous les jours dans la nature. Finalement, ce que je propose c’est d’utiliser la nature comme support thérapeutique et ludique.

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_ Tu as fait de ta fascination pour la nature et en particulier pour la montagne ton activité principale. Cette passion est née comment?

_ Je n’étais pas un modèle d’équilibre à 18-19 ans : je déprimais et je n’avais pas beaucoup de contact avec la nature. J’ai donc décidé de changer radicalement ma vie, je pensais même à la légion étrangère ! Un jour je me suis réveillé et je me suis dit : je vais faire de la montagne ! Je n’avais jamais été en montagne ni jamais fait du sport : au collège j’étais même dispensé de sport tellement j’étais médiocre.

J’ai profité de mon service militaire chez les chasseurs alpins pour démarrer le sport et finalement m’installer à Chamonix. Puis, j’ai entamé l’alpinisme à outrance avec des petits boulots à côté. J’ai donc passé quatre ans à faire de la montagne en intensif, en collocation, sans un sou, sans manger tous les jours. Parfois l’hiver, ça allait mieux car on trainait dans les refuges et on trouvait des boîtes de conserve. On jeûnait un ou deux jours par semaine, mais on était en pleine forme !

J’ai ensuite commencé à travailler comme guide de randonnée et trekking. La montagne m’a rapidement remis dans l’équilibre : je suis passé de quelqu’un qui n’était pas en bonne condition physique et psychologiquement assez instable à quelqu’un de très en forme !

C’est à ce moment-là que l’idée de faire de la nature quelque chose de thérapeutique s’est imposée à moi. J’ai d’abord cherché un métier qui pouvait s’orienter dans ce sens et quand j’ai lu la fiche descriptive de la psychomotricité, j’ai eu la même sensation éprouvée des années auparavant quand je me suis dit  « c’est cela, je vais faire de la montagne ! ».

J’ai repris un circuit d’études, une prépa pour un concours très difficile et, à la surprise de mes enseignants, j’ai été le seul de ma classe à réussir. Comment j’ai fait ? J’ai juste appliqué la même méthode que j’ai appliquée à la montagne : s’obstiner et ne rien lâcher ! J’ai finalement réussi le concours à Toulouse, 2200 candidats pour 20 places.

La psychomotricité en pleine nature a eu du mal à démarrer car considérée comme activité à risque, mais finalement a connu un magnifique succès au vu des résultats obtenus. M’étant installé dans la région de Montpellier, j’ai encore passé des diplômes d’escalade, de spéléologie et de canyoning pour augmenter mon champ de compétences.

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Au final, je me suis créé un métier totalement sur mesure. C’est néanmoins un métier qui demande une espèce d’hyper vigilance : face à certaines pathologies l’inattention est exclue.

Pour les enfants phobiques, je fais une méthode dite « d’habituation » avec cinq ou six séances durant lesquelles je fais passer la phobie en question. Je ne cherche même pas à trouver l’origine du problème !

J’ai plein d’exemples de résultats surprenants obtenus au bout de quatre ou cinq séances. Il faut savoir que souvent les enfants « manipulent » par leur peur, leurs parents et entourage. Avec moi, ils comprennent vite que s’ils peuvent réussir ce que je leur demande, ils peuvent tout réussir. L’adulte mentalise beaucoup plus. L’enfant peut pleurer, mais c’est rapidement réglé !

J’ai aussi été un des premiers à utiliser des tablettes et des tours de magie pour captiver l’attention et la confiance des enfants et des ados. Maintenant, c’est devenu très courant.

En psychomotricité de pleine nature, j’utilise des activités techniques et à sensation : il faut qu’il y ait un engagement, une émotion, un dépassement de soi pour que cela marche. Il faut que cela soit technique, car on travaille la coordination, l’équilibre et la motricité.

Et, en même temps, il faut que cela reste ludique : on fait souvent des jeux dans l’activité et on aménage toujours une pause goûter : par exemple, lors de séances d’escalade, j’apprends aux enfants à faire un feu juste avec une petite barre de magnésium qui fait des étincelles et nous faisons griller des chamallows… Le ludique est le meilleur apprentissage, pour les enfants, comme pour les adultes.

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_ Tu proposes aussi des stages de survie. Quels genres de personnes peuvent être intéressés ? Des gens déjà initiés ou bien…?

_ Le profil type, c’est le citadin parisien, trentenaire, qui n’a jamais dormi dehors, qui n’a jamais manipulé un couteau et qui n’a quasiment jamais été dans la nature ! Il a vu des émissions telles que Man vs Wild ou Koh-Lanta et il s’imagine que ça va être fun et génial. On me demande toujours de rendre le stage difficile, mais dès que j’introduis un défi supplémentaire tel que « demain jusqu’à la fin de la journée, on ne mange pas ! » plus personne ne suit !

J’organise aussi des weekends « immersion nature » pour enfants et pour familles. Le tarif du weekend en famille est de 155 € par personne : cela peut sembler cher, mais si vous réfléchissez, en deux jours nous allons faire des choses incroyables : via ferrata, spéléo, canyoning, bivouac dans une grotte etc…

_ La caractéristique qui m’a le plus frappée c’est que des activités qu’on peut aisément faire indoor (psychomotricité, gestion du stress et des émotions, cohésion d’équipe), tu les proposes outdoor. Que peut donc faire la nature pour le corps et l’esprit?

_ La nature nous permet à la fois de nous ressourcer et de progresser.

Il ne faut pas oublier que pour progresser dans la vie, il faut se confronter aux défis et aux difficultés et les surmonter. Bref, il faut de l’engagement dans la vie ! On retrouve cette notion d’engagement dans les activités de plein air où l’on se confronte à la nature, notamment lorsque nous nous confrontons à nos peurs.

La nature associée à l’engagement fait avancer les enfants et les adultes. Actuellement, nous vivons dans un monde «  aseptisé » : nous savons que nous ne risquons rien. Ainsi, nous n’allons jamais au bout de nous même. Je pense que les gens vont revenir de plus en plus au contact avec la nature.

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Souvent, des parents préoccupés de l’addiction de leurs enfants aux écrans me les envoient pour qu’ils apprennent à faire des choses avec leur mains et leur corps : construire une cabane, se déplacer dans tous les milieux, s’orienter, faire du feu…Beaucoup d’enfants que j’accompagne ont surmonté leurs peurs et leurs addictions et ont même surpassé leurs parents grâce au contact avec la nature.

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Photos de Marc Reinhardt 

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Les activités pour enfants proposées par Nature en Mouvement sont sur Actikids!

Nature en Mouvement 

49 rue Josephine Baker, 34090 Montpellier

Tél. : 06 88 67 19 43 contact@nature-en-mouvement.com

 

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